J’ai reçu à l’Assemblée nationale une délégation des Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CCEF) en Tunisie, conduite par Alexandre Ratle, président des CCEF en Tunisie.
Nos échanges ont porté sur un sujet devenu majeur pour l’avenir de la relation franco-tunisienne : la mobilité des étudiants, des entrepreneurs, des investisseurs et plus largement de celles et ceux qui font vivre au quotidien les échanges entre nos deux pays.
Le constat partagé est préoccupant. La politique actuelle de délivrance des visas ne répond plus aux besoins de nos coopérations universitaires, économiques et humaines. Elle freine les projets, complique les partenariats et nourrit un sentiment d’incompréhension chez nombre de nos interlocuteurs tunisiens.
Les difficultés rencontrées par les ressortissants libyens illustre également les limites du système actuel : faute de pouvoir solliciter un visa français depuis leur propre pays, ils sont contraints d’effectuer leurs démarches en Tunisie et de s’y rendre pour retirer leur visa. Une organisation qui exerce une pression supplémentaire sur les dispositifs consulaires et qui complexifie encore davantage la mobilité entre France et Libye amenant trop souvent les partenaires économiques libyens à renoncer à leurs déplacements dans notre pays.
Cette approche est d’autant plus paradoxale que la France cherche à renforcer son influence économique, culturelle et linguistique dans une région où la concurrence internationale s’intensifie. En restreignant excessivement la mobilité, nous affaiblissons nous-mêmes notre attractivité et notre capacité à entretenir une relation privilégiée avec des partenaires historiques.
Cet échange riche et franc s’est prolongé par une visite du Palais Bourbon. Un moment de partage qui s’est achevé par la découverte de l’œuvre de l’artiste Seth, « Marianne rêve », qui habille aujourd’hui la colonnade de l’Assemblée nationale.
