J’ai assisté à l’hommage émouvant à Leïla Chahid organisé à la faculté de Lettres de Rabat par la fondation Abderrahim Bouabid et son animateur de toujours mon ami Ali Bouabid que j’ai eu l’occasion de saluer.
Ce colloque qui fait suite à la cérémonie d’hommage organisé à l’institut du monde arabe il y a quelques semaines a recueilli l’attention d’une salle comble au sein de la plus ancienne des facultés universitaire marocaine.
Le lien des universitaires et intellectuels marocains avec Leïla Chahid a été puissant comme en a témoigné le poète palestinien Elyas Sanbar et la réalisatrice Simone Bitton en présence de l’universitaire Mohamed Berrada le compagnon de toujours de Leïla Chahid.
Ce lien intellectuel s’est renforcé par la création de la revue d’études palestiniennes, revue francophone créée en 1981 dans laquelle de nombreux intellectuels palestiniens, marocains, français, américains ou issus de tout le Maghreb ou du Moyen Orient ont décortiqué et analysé la société palestinienne, les enjeux régionaux et internationaux du conflit avec un regard critique et acéré.
Autour de ces relations se sont créés des échanges féconds entre une communauté judéo-marocaine attachée à la cause palestinienne et marquée par l’histoire de l’émigration juive en Israël et la représentation politique des Palestiniens, l’OLP.
C’est cette histoire imbriquée aux multiples dimensions qu’ont restituée avec beaucoup de dignité et de finesse les participants, en mémoire de Leïla Chahid, celle qui avait su tisser des ponts entre des univers culturels différents et fait le pari que l’intelligence et la science étaient des armes importantes pour la cause palestinienne.
