Partout dans le réseau, les mêmes inquiétudes remontent à la suite des décisions prises par le conseil d’administration de l’AEFE en décembre dernier : hausse des frais de scolarité, augmentation du coût des personnels détachés, pression financière croissante sur les établissements… alors même que le débat sur la réforme de l’AEFE ne fait que commencer.
La situation des EGD, les établissements en gestion directe de l’AEFE, inquiète particulièrement. En bridant progressivement leurs capacités d’investissement, l’État a empêché certains établissements de se développer, alors même qu’accueillir davantage d’élèves permettrait de renforcer les ressources de l’ensemble du réseau. Pour rappel, près de la moitié des ressources propres de l’agence proviennent aujourd’hui des EGD.
Cette contradiction doit être regardée en face : les EGD sont trop souvent présentés comme une charge alors qu’ils contribuent largement à faire fonctionner l’Agence. La tension budgétaire actuelle de l’AEFE n’est pas apparue soudainement : elle est le fruit de choix fait au cours des quinze dernières années, y compris CAP 2030.
Il faut désormais ouvrir d’autres perspectives. L’une des pistes que je défends consiste à redonner des capacités d’investissement aux EGD, notamment en leur permettant d’emprunter pour financer leur développement. Empêcher ces établissements de grandir tout en leur demandant de soutenir financièrement le réseau est une impasse.
Derrière des décisions présentées comme techniques ou budgétaires, ce sont en réalité des choix politiques majeurs qui se dessinent pour l’avenir de l’enseignement français à l’étranger.
La mission d’évaluation que m’a confiée la commission des Finances doit permettre de mettre ces sujets sur la table avec transparence : qui finance réellement le réseau aujourd’hui ? Quel engagement de l’État ? Et surtout, quel modèle voulons-nous pour demain ?
